8 comme les Objectifs du Millénaire

 

 

Qui connaît les Objectifs du Millénaire ? Si un sondage devait être effectué au sein des populations mondiales et que les réponses soient suffisamment justifiées pour être recevable, peu de personnes seraient aptes à répondre à cette question. Ce qui est choquant ce n’est point le fait que les individus soient incapables de renvoyer un écho à cette interrogation mais qu’un projet dans lequel tous les Etats membres de l’ONU sont engagés et dont les enjeux sont aussi importants soit si peu connu du grand public. A qui la faute ? Aux Nations Unies bien évidemment. Pour cette action d’une ampleur colossale qui nécessite l’intervention et le soutien financier d’un maximum de partenaires il devrait y avoir médiatisation à outrance et c’est loin d’être le cas.

Donc, pour commencer, il est bon de rappeler que les Objectifs du Millénaire sont au nombre de 8, qu’ils ont été établis par 191 pays, qu’ils ont été adoptés lors du Sommet du Millénaire qui s’est déroulé du 06 au 08 Septembre 2000 au siège des Nations Unies à New York et qu’ils doivent être atteints en 2015. Ils consistent à :

-      Réduire l’extrême pauvreté et lutter contre la faim

-      Assurer l’éducation primaire pour tous

-      Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes

-      Réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans

-      Améliorer la santé des mères

-      Stopper la propagation du VIH/SIDA, de la tuberculose, du paludisme et d’autres maladies

-      Assurer un environnement durable

-      Mettre en place un partenariat mondial pour le développement

Aucun de ces « Millenium Goals » n’est en voie d’être touché. Evidemment, serait-on tenté de s’écrier tant le tâche est pharaonique. Toutefois, et là nombreux sont ceux qui ont véritablement envie de se mettre à hurler, pourquoi ne pas utiliser tous les médias pour sensibiliser et mobiliser les philanthropes fortunés, les bonnes âmes disposant de fonds substantiels et même les individus les plus modestes désireux de contribuer de façon symbolique mais indispensable car une brique plus une brique répétée des millions de fois cela construit la Grande Muraille de Chine !

Aujourd’hui, 8 ans après les engagements pris par l’ONU et leur échec indéniable lorsque l’on considère qu’il demeurait 800 millions de personnes souffrant de la faim dans le monde en 1995 et que selon les derniers chiffres transmis par le FAO il y en avait 923 millions en 2007, 8 écrivains ont participé à la conception du recueil de « Huit nouvelles » et 8 cinéastes ont réalisé 8 courts métrages qui, au final, forment un film « 8 ». C’est le projet 8 qui cherche à motiver l’opinion publique sur les OMD et appelle à la nécessité d’agir contre la pauvreté et pour la réduction des inégalités Nord-Sud.

Les écrivains mettent en fiction ces buts à atteindre ou bien la mauvaise avancée dans laquelle ils se trouvent actuellement :

-      La Cubaine Zoe Valdes dans « La Main ouverte » aborde la lutte contre la faim et la pauvreté en narrant le quotidien d’un Haïtien au travers de l’enquête d’un documentariste.

-      La Libanaise Vénus Khoury-Ghata avec « Hafia » s’attache à la santé des mères en relatant l’histoire d’une petite bonne dont la vie va être bouleverser suite à une robe offerte par sa patronne.

-      L’Italienne Simonetta Greggio a choisi l’environnement en rédigeant « Tous les chiens tristes » dont le héros est un producteur méditerranéen en proie avec ses propres fantômes et l’environnement.

-      Le Suédois Björn Larsson s’est attaché au problème de l’éducation dans « Ecole fermée pour cause de génocide » ou, via une nouvelle magistrale et glaçante, il retrace le parcours de Mamadou assoiffé de connaissance et l’impossibilité qu’ont différents pays d’Europe à offrir un enseignement à un enfant venu du Rwanda.

-      Le Malien Moussa Konaté évoque la mortalité infantile dans « Les Jours sans soleil » ou le quotidien de ceux qui cherchent quelques miettes de survie.

-      Le Français Philippe Besson dans « La Gueule du loup » a choisi le thème de la lutte contre les maladies en racontant le traitement par le pire d’un homme blessé par un deuil qui part soigner ses plaies dans un centre de soins qu’il rejoint comme volontaire.

-      Le Congolais Alain Mabanckou dans « Le huitième conférencier » traite du partenariat mondial en mettant en scène un des 191 conférenciers de retour dans son propre pays.

-      La Bangladaise Talisma Nasreen lutte pour l’égalité des sexes dans « Comme des feuilles mortes » qui narre les rêves et désillusions voire profondes blessures d’Anguri dans un monde d’hommes impitoyables.

Aux 8 écrivains répondent 8 cinéastes. Le film « 8 » suit le même schéma que les nouvelles du recueil avec des histoires indépendantes du livre. Produit par la société LDM Films, il a été projeté lors du dernier festival du Film de Rome à la fin d’Octobre. Les producteurs, conscients de tenir un sujet dur ne détenant aucun enjeu commercial avouent avoir peiné à trouver des distributeurs. La sortie du film est envisagée en 2009.

-      L’Américain Gus Van Sant avec « Mansion in the Hill » tourné à San Francisco traite de la mortalité infantile.

-      Le Mauritanien Aderrahmane Sissako choisit de parler de la réduction de l’extrême pauvreté avec « Le rêve de Tiya » réalisé à Addis Abeba en Ethiopie.

-      Le cinéaste mexicain Gael Garcia Bernal met en scène le second objectif, assurer l’éducation primaire pour tous, dans « La Lettre » qui se déroule à Reykjavik en Islande

-      La Néo-zélandaise Jane Campion réalise en Australie « The Water Diary », relatif à  la volonté d’assurer un environnement durable.

-      Le Français né en Argentine, Gaspard Noé, pour « SIDA » est parti à Ouagadougou au Burkino Faso pour rencontrer Dieudonné Iboudou et décrire son calvaire et sa foi en Dieu.

-      La réalisatrice indienne Mira Nair s’est rendue à New York pour « How can it be » afin de promouvoir l’égalité des sexes

-      Le Français Jan Kounen est allé jusqu’au Pérou pour nous narrer l’histoire douloureuse de « Panshin Beka » et offrir sa participation dans la lutte pour la santé des mères.

-      L’Allemand Wim Wenders, à Berlin, pour encourager le partenariat mondial pour le développement a réalisé « Person to Person ».

Dans « 8 » les histoires se répondent, se complètent et proposent une vision saisissante de la réalité. Loin de tout misérabilisme, avec une créativité jubilatoire et une poésie certaine, ce sont autant de regards lucides sur les rapports Nord-Sud, autant de poings levés en faveur d’un monde tout simplement plus juste.

La moitié des bénéfices de « Huit nouvelles » est reversée à des organismes oeuvrant en faveur du Développement. Il est vendu à 14.90€. La plus belle action que nous puissions accomplir est de l’acheter.

Désormais, vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas. Des millions d’êtres attendent notre aide. Ouvrez votre cœur et tendez votre main.

« Qui donne aux pauvres prête à Dieu » - Victor Hugo – Pour les Pauvres dans « Les Feuilles d’Automne ».