Il n'y a vraiment que les apparences qui comptent

 

 

Parvenu au XXI° siècle, l’être humain est globalement convaincu qu’il est plus évolué que son cousin de naguère. Avec les âges, les pratiques barbares sont censées avoir disparues, l’évolution de la connaissance a permis d’éradiquer de grands fléaux, l’homme se déplace aux quatre coins de la terre en des temps records, communique dans l’instant avec un correspondant situé à l’autre bout du monde, a posé son pied sur la Lune et a même exploré certaines parties de l’univers.

Si les progrès scientifiques et technologiques sont bel et bien la démonstration d’une avancée de l’humanité, l’être en lui-même peut toujours se révéler très incomplet, surtout dans sa pensée et la révélation de celle-ci, son comportement.

Majoritairement nos esprits ont été choqués qu’aient pu exister l’esclavage, l’apartheid ou l’holocauste. Nombreux sont ceux qui luttent encore pour que disparaissent toutes formes de racisme, d’antisémitisme ou d’homophobie. Malheureusement la discrimination subsiste, ouvertement ou de manière fourbe et peu d’actions sont entreprises lorsqu’elle s’affirme de façon détournée. L’utilisation abusive de clichés féminins plus ou moins dénudés à des fins commerciales traduit une forme de sexisme et pourtant la lutte contre cette dégradation de l’image de la femme demeure insignifiante.

Pour preuve ce panneau publicitaire sud-africain réalisé pour une enseigne nationale de clubs réservés aux hommes. Non seulement la femme est vulgairement affichée mais le slogan « No need for Gender Testing » (Pas besoin de test de genre) fait directement référence à l’ambiguïté soulevée par les médias sur le sexe de l’athlète Carter Semenya. La question est d’ordre privé et ne relève que de l’autorité des hautes instances sportives, si besoin est. Apposer une telle remarque en pareille circonstance est une atteinte grave à la dignité de l’individu. Qu’importe la morale pourvu que l’essentiel soit préservé : un code vestimentaire est imposé et le parking est sécurisé !

Hélas peu feront cas de cet outrage car la sportive est noire et l’apartheid n’est pas totalement effacé des mentalités. Pourtant même si la publicité est relative à des lieux où la moralité n’a aucune signification, il est profondément anormal d’exploiter aussi bassement le profil d’une femme comme il pourrait en être d’un produit de consommation courante et de surcroît y trucider l’honneur d’une modeste jeune fille.

Par ailleurs, il est encore plus révoltant de constater que Carter Semenya ait été presque contrainte de justifier de sa féminité en posant dans des contextes différents de ceux des compétitions sportives ! L’enseigne Teazers oserait-elle aussi lui demander de s’étendre dénudée pour sa prochaine campagne publicitaire afin de démentir ses propos antérieurs ? Car, en fait, il n’y a vraiment que les apparences qui comptent !