Je fais un rêve pour l'Afrique

 

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Il y a quarante huit ans, devant des milliers de personnes, un homme Noir énonçait son Rêve pour des millions d’Afro-Américains. Il y a quarante huit ans le Pasteur Martin Luther King Jr offrait à l’humanité l’un de ses plus beaux espoirs. Aujourd’hui, c’est à ma seule feuille blanche que j’avoue mon Rêve pour l’Afrique et à tous ceux qui  désireront lire ces quelques lignes chargées d’espérance pour un continent en souffrance.

Je fais le rêve d’une Afrique avec des grands et somptueux paysages naturels, exotiques et synonymes d’aventures. Ce paradis perdu des histoires d’animaux qui peuplent la mémoire de la nostalgique enfance.

Je fais le rêve d’une Afrique opulente, bénéficiant d’une eau potable à volonté, d’un système d’éducation compétitif, d’alimentation suffisante pour ses populations, d’électricité, de soins de santé de qualité, de technologies et de connaissance de soi, d’une Afrique qui apporte sa pierre à l’édification d’un monde plus fraternel.

Je fais le rêve d’une Afrique réconciliée avec elle-même, qui en finit avec les clichés allant de la naïveté enfantine à l’aliénation mentale, d’une Afrique perçue telle une Grande Dame mature  qui enfante des petits respectés sur toute la surface de la terre.

Je fais le rêve d’une Afrique qui remet son histoire à l’endroit, démontre de façon cinglante aux penseurs racistes de Hegel à Sarkozy qu’ils ont eu tord de caractériser l’Afrique comme un être borné qui aurait échappé « à l’angoisse de l’histoire qui tiraille l’homme moderne » et qui fait retrouver à la jeunesse africaine et au Monde Noir la joie de vivre, les raisons de nourrir l’ambition d’un amour toujours plus altruiste pour la grandeur de la terre des Ancêtres en dressant sur la route du mondialisme sa culture plusieurs fois millénaire, son antique civilisation restaurée qui grandit les êtres dans le respect de la vie et de la liberté.

Je fais le rêve d’une Afrique belle dans sa grande ferveur spirituelle, vivante, populaire et collective.

Je fais le rêve d’une Afrique dont le discours sur le continent noir cesse d’être afro-pessimiste en n’alimentant plus l’incertitude, l’apathie et l’insécurité mais révélant ses réussites, surtout humaines.

Je fais le rêve d’une Afrique qui a quitté les carrefours crasseux de la mendicité internationale puant le mépris et la supériorité des donateurs, qui n’est plus à la fois la corne d’abondance qui rend possible le progrès technologique de l’économie mondiale et le symbole illusoire de tous les maux de l’humanité.

Je fais le rêve d’une Afrique qui a guéri toutes ses plaies, a arrêté le « nettoyage ethnique » au Darfour, réconcilié les parties belligérantes en Côte d’Ivoire et au Tchad, éradiqué la famine en Ethiopie, mis fin aux violences sexuelles dans l’Est du Congo et enraillé l’hécatombe causé par le VIH/SIDA en Afrique australe.

Je fais le rêve d’une Afrique véhiculant une image positive gommant les clichés de vie individuelle précaire où les droits de l’homme sont fragilisés, offrant de vraies opportunités de s’instruire, se former, effaçant dans l’opinion collective les pensées la désignant comme un continent où les rapports humains sont infestés par la violence, un manque d’unité, de coopération entre tous.

Je fais le rêve d’une Afrique rassemblée et réalisée en une solide fédération à la puissance politique, économique et culturelle vigoureusement établie et qui a cessé d’assister impuissante aux transferts de ses richesses et fini de n’être qu’une masse d’ouvriers non qualifiés manipulables et éjectables par des capitalistes toujours plus insolents et prédateurs.

Je fais le rêve d’une Afrique où les dirigeants seront éclairés et volontaires, posséderont le sens du devoir et du sacrifice utile, seront insensibles au charme corrupteur des pétrodollars, ne refléteront plus que la Paix et la justice sociale à travers un continent où la corruption et l’immoralité ne seront plus érigées en valeur de référence.

Je fais le rêve d’une Afrique qui sera une terre où l’intellect et la rentabilité financière ne prendront plus le pas sur le cœur et l’épanouissement.

Je fais le rêve d’une Afrique où les intellectuels ne se nourriront plus uniquement d’une pensée venue d’ailleurs pour les berner mais oseront remettre en question les théories étrangères menteuses pour élaborer leurs propres points de vue en faisant la somme de leurs intelligences et leurs volontés complémentaires.

Je fais le rêve d’une Afrique où les intellectuels avec les hommes et femmes d’action auront brisé à jamais les ailes d’une démocratie maquillée dirigée par des présidents à vie incompétents et inconscients.

Un rêve est souvent une utopie, un idéal que l’on souhaite ardemment réaliser et le vendre au reste du monde comme une évidence. C’est cet éclat de l’esprit qui permet de croire, d’espérer et d’avancer. En Afrique, plus qu’ailleurs les gens ont besoin de rêver et, avec eux, je veux me persuader que, comme ce petit homme Noir que j’admire tant, le rêve que je fais aujourd’hui, un jour sera réalité.

 

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