Le racisme, cancer des USA

 

 

Au soir du 04 Novembre 2008, à Chicago, devant des milliers de personnes, Barack Obama a prononcé un discours de victoire teinté de références à Martin Luther King, à John Fitzgerald Kennedy et à Abraham Lincoln. Abraham Lincoln, dans la mémoire collective son nom est associé à l’abolition de l’esclavage. Pourtant, si son sens moral lui dicte ses positions, il n’en demeure pas moins qu’il ne croit pas en l’égalité des races, dont la preuve réside en ses propos.

« - Je dirai donc que je ne suis pas et je n'ai jamais été en faveur de l'égalité politique et sociale de la race noire et de la race blanche, que je ne veux pas et que je n'ai jamais voulu que les Noirs deviennent jurés ou électeurs ou qu'ils soient autorisés à détenir des charges politiques ou qu'il leur soit permis de se marier avec des Blancs. [...] Dans la mesure où les deux races ne peuvent vivre ainsi, il doit y avoir, tant qu'elles resteront ensemble, une position inférieure et une position supérieure. Je désire, tout autant qu'un autre, que la race blanche occupe la position supérieure. »

Si hier l’un des principaux artisans de l’abolitionnisme américain était capable de telles paroles, quelles vont être aujourd’hui celles des mouvements racistes avec l’accession d’un Afro-Américain à la présidence des USA ? Répugnantes, méprisantes, écoeurantes… Et c’est ainsi que l’on voit surgir 888 « groupes de haine » aux USA, ainsi nommés par le Southern Poverty Law Center. Ces individus immondes ne sont que des abcès purulents, des gangrènes sociales qui pourrissent la sérénité communautaire.

Dans les dernières semaines qui ont précédé l’élection d’Obama, les incidents racistes s’étaient multipliés, notamment par des menaces de mort proférées en public à l’encontre du candidat démocrate. Depuis, il y a une surenchère de la violence de la part des extrémistes.

-      Croix brûlée sur le perron d’un couple mixte en Pennsylvanie

-      Voitures maculées de croix gammées en Californie

-      Slogans racistes comme « Retournez en Afrique »  peints sur des trottoirs, des maisons et des automobiles en Californie.

-      Graffitis racistes découverts à Long Island, dans l’Etat de New York, à Kilgore (Texas)

-      Mannequins noirs pendus à des arbres à Mount Desert Island, dans le Maine.

Selon le « Southern Poverty Law Center », une association de lutte contre le racisme, basée dans l’Alabama, ce sont des centaines et des centaines d’actes racistes qui sont répertoriés depuis le 04 Novembre.

-      A Standish, dans le Maine, un petit magasin proposait une loterie très particulière : les clients pouvaient s’inscrire sur un tableau et parier sur la date à laquelle « Oussama Obama » serait assassiné. Au bas du tableau était précisé : « Espérons que quelqu’un gagne ».

-      Des écoliers âgés de 7 à 9 ans ont scandé « Assassinez Obama » dans un bus scolaire à Rexburg (Idaho).

-      Des croix ont été brûlées dans les jardins de partisans d’Obama à Hardwick (New Jersey) et Apolacan Tonship (Pennsylvanie). Cette pratique est habituellement utilisée comme moyen d’intimidation par les groupes prônant la « suprématie des Blancs » comme le Ku Klux Klan.

-      Un adolescent noir a été attaqué à la batte de base-ball le soir de l’élection par 4 hommes qui ont crié « Obama ».

-      Dans la banlieue de Forest Hills, un homme noir a trouvé une note assortie d’une injure raciste sur son pare-brise : « Maintenant que tu as voté pour Obama, fais attention à ta maison ».

Partout dans le pays, la police a reçu des plaintes ou relevé de nombreux incidents plus ou moins graves allant des injures en passant par des menaces voire jusqu’au vandalisme ou des agressions physiques.

-      A Snellville (Georgie), une mère de famille noire témoigne des agressions verbales que supportent quotidiennement sa fille de 9 ans. Elle relate les dégâts causés à la pelouse de sa belle-sœur, les pancartes pro-Obama déchiquetées, le dépôt de 2 boîtes à pizza remplies d’excréments humains déposés devant sa porte.

-      Au lendemain de l’élection de Barack Obama, une lycéenne noire de Marietta (Georgie), Barbara Tyler, a été témoin de propos haineux vociférés par des élèves blancs.

-      A Covington (Georgie), un collégien a été suspendu par son école car il portait une chemise Obama. Le directeur de l’établissement s’est expliqué à la mère de l’adolescent en justifiant sa décision par le fait qu’ils étaient dans le Sud et qu’il y avait beaucoup de gens qui n’étaient pas contents de l’élection d’Obama.

-      4 étudiants de l’Université de Caroline du Nord ont reconnu avoir écrit des commentaires anti-Obama dans un lieu public dont un à connotation raciste.

Pour Mark Potok, directeur de l’Intelligence Project au Southern Poverty Law Center la hausse de ces crimes résulte de la coïncidence de plusieurs facteurs : l’augmentation de l’immigration non blanche, l’estimation récente par le bureau national du recensement que les Blancs deviendraient minoritaires aux Etats-Unis en 2040 et l’augmentation du chômage. L’arrivée d’un président noir dans un pays qui pratiquait encore la ségrégation raciale dans les années 1960 constitue le changement le plus profond qu’ait connu le pays en matière de « race » depuis la Guerre de Sécession, analyse Willaim Ferris, directeur adjoint du Centre pour l’étude du Sud américain à l’Université de Caroline du Nord.

Selon Mark Potok, la présence d’un Noir à la Maison Blanche engendre, pour un bon nombre de Blancs, l’impression d’avoir tout perdu et que le pays construit par leurs ancêtres leur a été dérobé.

Brian Levin, professeur à l’Université de Californie à San Bernardino, spécialisé dans l’étude du racisme et de l’extrémisme, confirme cette forte hausse d’actes racistes et précise même que des sites Internet vantant la suprématie de la race blanche connaissent une nette évolution de leur fréquentation et subissent même des pannes de serveur en raison d’un trop grand nombre de connexions.

Crise d’identité ou racisme chronique, qu’importe. Il demeure une terrible réalité : des hommes qui naguère ont spolié les paisibles Indiens de leurs terres revendiquent toujours et encore une supériorité à laquelle ils n’ont pas droit et, comme à leur habitude, lorsque l’on se permet de les mettre face à leurs démons, ils réagissent par la violence.

En conclusion, j’aimerai rappeler aux Blancs des USA qu’ils vivent sur une terre qui ne leur a jamais appartenue (c’est un vol !) aux côtés d’Afro-Américains issus d’Africains qui n’ont jamais réclamé à être arrachés à leurs racines et leurs familles pour être réduits en esclaves (c’est un crime !) ; alors, désormais, qu’ils payent pour tous leurs péchés !