Michael Jordan a 50 ans

 

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Le 17 février 2013, Michael Jordan a 50 ans. Michael Jordan, la légende NBA, considéré par beaucoup comme le plus grand joueur de tous les temps, a 50 ans. C’est impossible ! MJ, ce génie, ne pourra jamais avoir un demi-siècle !

Je le vois encore dribbler, shooter, dunker, s’envoler littéralement au-dessus de la mêlée et poster le ballon au fond du panier dans une posture défiant toutes les lois de la gravité… I believe he can fly…

1991, 1992, 1993. 29, 30, 31 ans. 1996, 1997, 1998. 33, 34, 35 ans. Six titres. Stop ! Michael Jordan a 30 ans pour l’éternité. En ma mémoire seulement…

Les aiguilles tournent et même les mythes vieillissent. Cette évidence nous rappelle  une triste réalité : si dans notre tête il nous semble avoir toujours 20 ans, notre corps ne nous renvoie pas forcément le même constat.

C’est sans doute la raison pour laquelle cela nous arrange bien d’oublier que des étoiles comme His Airness parviennent au seuil de la cinquantaine. Toute une époque. Notre jeunesse. Si différente, même si ce n’est qu’une impression, de celle d’aujourd’hui.

Aujourd’hui où j’ai erré stupidement durant 3 heures au sein d’un festival Manga, simplement pour faire plaisir à ma fille cadette.

Au milieu de ces jeunes, pas seulement et simplement déguisés, car cette démarche est bien trop limitative, mais intégralement infiltrés dans la peau de leurs héros, j’ai été effrayée.

Peur du décalage entre mon monde rationnel et leur univers virtuel. Et la différence d’âge ne justifie pas tout car je ne perçois une telle dissimilitude entre un Michael Jordan d’hier et un Lebron James ou un Kobe Bryant d’aujourd’hui…

Peur pour leur équilibre, abandonné au profit d’une identification totale avec des personnages de fiction. Une projection tellement pénétrante que l’on sent bien que le jeune a perdu le contrôle de sa propre personnalité, que son être tout entier est radicalement noyé sous les souffrances et carences du héros dans lequel il s’est transféré.

Des visages tristes, reflets de déchirures profondes, de fuites lointaines en des sphères désolantes situées à des années-lumière de la réalité.

Des corps figés, enfermés dans des carcans d’allures rigides. Pas le moindre sourire, plus d’espoir. Ils ont majoritairement entre 13 et 18 ans et ils m’ont fait peur car ils diffusent si peu de bonheur que j’ai peine à envisager leur avenir.

Certes l’existence, surtout actuellement, ne promet que rarement d’être un long fleuve tranquille, mais la jeunesse est censée être la période de notre vie la plus chargée en rêves, en espérances voire en illusions.

Je me souviens parfaitement de ce moment. Des éclats de rires, des émerveillements, des attentes insensées, des projets délirants. Je ne me souviens pas, car ce n’était pas le cas, m’être aussi éperdument décalquée, surtout dans le but de ressembler à un personnage de bande dessinée… J’étais moi, simplement. Avec mes héros aussi, comme eux. Michael Jordan.

Pourtant, avant lui, Bill Russell a amassé plus de titres (11), Kareem Abdul-Jabbar a marqué plus de points au cours de sa carrière (38 387 contre 32 292), Oscar Robertson et Wilt Chamberlain ont affiché des statistiques plus retentissantes (Chamberlain est notamment l’auteur d’un match à 100 points) mais il est le seul à avoir autant changé la face de la NBA car il a été LA graine qui a fait germer la NBA moderne. Un impact tellement positif qu’il est sans contestation possible.

Michael Jordan a 50 ans et c’est bien car même les héros se doivent de subir les outrages du temps afin de nous faire prendre conscience qu’ils ne sont guère différents de nous, juste le talent en plus.

Mais les héros de mangas ne vieillissent point. Cette absurdité est beaucoup plus dangereuse qu’il n’y paraît, car nous sommes en droit de nous interroger sur les répercussions éventuelles en des esprits si fragiles…

Michael Jordan a 50 ans. Greatest of All Time. Le plus grand de tous les temps. Je suis heureuse et fière d’avoir pu assister en direct à ses exploits mais surtout satisfaite et rassurée qu’aujourd’hui nous ayons le même âge… D’autant qu’en 2009, lorsqu’il a fait son entrée au Hall of Fame, il a eu ses paroles fabuleuses, empreintes de sa férocité légendaire et de son obsession de la victoire : « Un jour vous lèverez peut-être la tête et vous verrez que je rejoue au basket à 50 ans. »

Décidément, jusqu’au bout, Michael Jordan c’est magique ! Magic ? Encore d’inoubliables souvenirs. Une autre histoire…

 

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