La fenêtre de Louis XII

 

 

C'est un fantôme qui plane au-dessus des immenses pièces de ce qui fut jadis sa demeure royale. Son esprit éclairé illumine toujours les salons où les gentilshommes célèbrent son amour des belles lettres. Les silhouettes des courtisanes, élégamment vêtues de longues robes aux luxueux tissus ornés de riches broderies, dévoilant avec délicatesse des formes généreuses faussement dissimulées sous des corsages échancrés, se dessinent dans l'horizon bucolique des jardins embaumant les senteurs suaves des roses épanouies. Elles s'attardent, nonchalantes, auprès des fontaines, caressant les ondulations du bout de leurs doigts effilés. Quand vient le soir ce sont des fêtes somptueuses qui animent les lieux. Les dames dansent d'un pas léger, faisant tournoyer jusqu'à l'ivresse leurs voiles et leurs dentelles sous le regard ensorcelé des grands seigneurs.

Oublié le faste du tombeau en marbre de Carrare de Louis XII et de sa bien-aimée, Saint-Denis a été le témoin des heures de gloire d'un royaume englouti, désormais l'apparat de son histoire s'imite en secret derrière  une fenêtre ordinaire.