Voir la Toscane... et puis mourir

 

 

Et soudain je me suis crue en Italie. La Toscane, Sienne, Porto Santo Stefano. On dirait vraiment le Sud. Les façades ocrées des maisons usées, délavées par le soleil, écaillées par le souffle d’Eole. La chaleur incrustée dans les murs, qui les fissure et s’engouffre dans les moindres rides creusées. Les volets clos pour préserver de l’ardeur des rayons, fermés à la vue des indiscrets. Des vies s’égrènent en secret derrière ces grands pans de ferraille rouillés par les outrages des saisons. Quelquefois des voix cassées de patriarche, des timbres écorchés de vieillards inflexibles, résonnent dans les ruelles alentour. On perçoit encore les effluves d’ail et de basilic flottées dans les airs. Le soir, des tables généreusement garnies, des échanges bruyants, des rires puissants. Il y a du vin, des victuailles à foison et des belles femmes plantureuses au caractère bien trempé. La Dolce Vita intemporelle. L’amour, passion enflammée, prétexte à tous les débordements. Les êtres s’enlacent, s’embrassent, se déchirent pour mieux se réconcilier. Le Sud des sentiments violents, de toutes les ivresses, de tous les excès, du très et du trop en tout. Vivre et mourir sans mesure. Vedere Toscana e poi muori…