Fermé

 

 

Soudain tout s'arrête. Plus un mouvement, aucun bruit, même plus le souffle imperceptible de l'air. Seul au milieu de cet univers figé, il persiste à palpiter. Déchargé de toutes les responsabilités, de toutes les déceptions qu'engendrent une société en activité, il se sent léger. Le temps, ralenti, ne commet plus autant d'outrages et il peut enfin vivre ses heures autrement que dans la peur d'un lendemain trop vite arrivé, d'une fin précipitée. De l'angoisse du quotidien il a oublié le goût et dans ce voyage au-delà de l'imaginaire il peut n'être que lui-même, dans sa plus stricte simplicité, au cœur vrai du bonheur.

Hélas devant lui il y a cette chambre ; il est assis au bord d'un lit défait, aux gros draps froissés ; la sueur envahit son visage ; il allume une cigarette. Il ne peut s'échapper car les volets sont clos ; ici et dans sa tête, tout est toujours fermé.