Le temps d'un nuage

 

 

En cet espace envahi par le béton, le temps d'un nuage, croire que nos heures s'égrènent au pied des neiges éternelles. Dans l'illusion du mirage, sentir l'ivresse des hauteurs nous gagner, percevoir la fraîcheur bienfaisante des sommets nous caresser le visage. Sentir les effluves puissantes de la terre des alpages nous envahir les narines. Respirer profondément pour nous remplir les poumons d'un air pur et sain. S'imaginer arpenter les sentiers abrupts et escarpés qui serpentent autour des monts comme pour les parer d'un collier de chemins d'évasion. Admirer les splendeurs de cette nature simple mais royale. Le tapis vert des prairies qui se déroule jusque dans la vallée. Les forêts denses de sapins qui teintent le panorama de touches sombres. Les petits chalets fleuris accrochés ça et là aux flancs de l'immense paroi verdoyante. Au détour observer les vaches broutant paisiblement, une marmotte se cachant furtivement, un écureuil surpris dans sa course légère.
Ouvrir les yeux et s'émerveiller de la beauté majestueuse d'un nuage, cette énorme boule de coton dominant avec nonchalance l'infiniment petit que nous sommes. Regarder la ville qui nous entoure et ne point désespérer car, finalement, de la montagne et du nuage, elle appartient au même monde. Un peu plus loin de nous que ces grandes tours, mais c'est tout.