Livre

 

 

Lorsque je lis un ouvrage d’un auteur que j’affectionne particulièrement, je tente toujours de m’imaginer à quoi pensait l’écrivain lorsqu’il engendrait ces lignes que je suis en train de parcourir.

Etait-ce une épreuve manuscrite ou bien possède-t-il un ordinateur dans lequel il engrange tous ses écrits ? Utilise-t-il une plume, un stylo ou un vulgaire crayon ? Ces notes sont-elles faites sur des feuillets volants ou des cahiers ordinaires ? Préfère-t-il créer au salon, dans sa chambre ou dans un bureau ? Le matin, le soir ou la nuit ? Mange-t-il, boit-il ou fume-t-il pendant son travail ? A-t-il des habitudes particulières avant, pendant et après son écriture ? Est-il entièrement gagné par l’ambiance, l’action, le caractère de ses personnages ou bien vagabonde-t-il de temps en temps sur d’autres pensées ?

Lorsque je songe à la multitude de probabilités envisageables pour entrer en communion totale avec le créateur, je m’évade pendant des heures ; j’en oublie ce chef-d’œuvre passionnant qui repose non loin.

Quand je réalise que le meilleur moyen pour être au plus près de cet artiste qui m’envoûte est de pénétrer dans son histoire, d’admirer la limpidité, l’originalité et la richesse du style, il est déjà si tard que je referme le livre et je m’endors.