Monde

 

 

Il m'a avoué posséder une telle fortune qu'il ne savait même plus quoi en faire. Devant tant d'égoïsme écœurant, d'indifférence indécente, je lui ai simplement conseillé d'acheter une carte du monde et d'y repérer tous les peuples en état de détresse.

Lorsque je suis revenue, quelques temps plus tard, il était déjà parti. Au-dessus de son bureau s'affichait un planisphère surchargé de punaises colorées.

Je ne l'ai jamais revu. De cette expérience, il avait bien compris la leçon ; une voie nouvelle et généreuse s'était ouverte devant lui et il y avait trouvé une raison juste de vivre. Du fond de son existence dorée et indolente il avait enfin entendu les cris d'alarme qui s'échappent de trop de pays.

Il était devenu missionnaire.