Noir et blanc

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Noir et blanc. Plus noir que blanc. Quelques lueurs dans la nuit. Un monde.

L’univers des ombres derrière un voile lourd et sombre, du silence forcé, des élans freinés. Le domaine des illusions où tout témoin est un pantin docile, otage de ses propres phobies, manipulé par des silhouettes fantomatiques fondues dans l’obscurité pesante.

Une voûte étoilée scintillant comme des millions de lumières les soirs de fête. Le calme après la lassitude, la fraîcheur après la canicule, la chaleur d’un âtre contre les caprices du ciel.

La douce mélodie des mots tendres. Les gestes qui renaissent avec force et passion dans l’alcôve enflammée.

La nuit, la mort, même combat, s’éteindre lentement avec l’espoir de mieux renaître ensuite.

Balayant toutes les coutumes, les principes et les préjugés, choisir d’oublier l’opacité des heures et alimenter insolemment le feu de la vie.

Qu’importe l’endroit et les individus, être ensemble, autour d’une table, quelques propos plaisants et autant de sourires.

L’un esquisse d’élégantes calligraphies, tandis que l’autre caresse les cordes d’une guitare et que tu danses avec grâce devant un miroir.

Une main qui effleure délicatement un visage, un cliché né du désir de l’artiste d’immortaliser l’instant fragile.

Ton corps que tu berces sur quelques notes nonchalantes. Les arabesques maladroites d’une chorégraphie improvisée entre complices d’un soir.

La beauté des âmes sublimées dans le clair obscur, ces regards complaisants échangés sans confusion lorsque règne la sérénité.

Les aiguilles tournent. Il se fait tard, peut-être très tôt, le sommeil gagne. Le jour se rêve déjà…