Permis de conduire

 

 

Lorsque j’étais môme je ne voulais grandir que pour une chose : apprendre à conduire.

Le permis pour moi c’était le passeport pour la liberté, la délivrance de toutes les chaînes. Rien n’était plus palpitant pour mon petit cœur de gosse que d’être conducteur d’une automobile.

La carrosserie c’était la sécurité, une carcasse tout en tôle, agressive dans sa rutilance, c’est protecteur contre les mauvais coups.

Le moteur c’était la clé des champs offerte d’un simple tour, l’évasion à vive allure, le ronronnement royal des cylindres qui s’impatientent, des images fulgurantes de paysages grandioses plein la tête.

Le volant c’était la maîtrise de l’univers, partir, loin et pour longtemps. Et tous ces boutons, ces sièges confortables dans lesquels on a envie d’être lové pour l’éternité, ce coffre immense que l’on peut charger d’une multitudes de souvenirs…

Un jour j’ai été grande et je l’ai obtenu ce petit papier rose. Je l’ai serré bien fort contre moi pour mieux saisir toute la magie dont il était porteur.

Je suis rentrée chez mes parents, fière comme une reine et j’ai admiré ma 2CV qui m’attendait dans le garage.