Robert

 

 

Robert ce qui le faisait fantasmer c’étaient les jambes de Kim Basinger dans des collants en voile. Y’en a qui, chez les femmes, préfèrent la rondeur de leur poitrine, le pulpeux de leurs lèvres ou l’exotique de leur regard, lui, c’était les jambes, celles de Kim Basinger, surtout, dans des collants en voile, de préférence.

Les jambes de sa nana, elles sont tellement grosses, de vrais poteaux de rugby, sans mentir, qu’on distingue pas la différence entre la cuisse et le mollet. Robert ça le désolait mais vu qu’il avait pas non plus un physique à la Redford, il s’en contentait. Seulement, pour se faire plaisir, quand il quittait le travail, il passait par les quais, là où il y a une boutique de lingerie. Il s’arrêtait tout le temps et admirait l’affiche de Kim Basinger qu’était dans la vitrine. Après je t’explique pas, il était dans un état second. Tellement second, qu’un soir il était sûrement tertiaire, qu’il a traversé sans regarder et qu’une BM l’a fauché. Au septième ciel, mon Robert. Nous, ses potes du boulot, on a trouvé que c’était quand même bête de mourir si jeune, même pour les jambes de Kim Basinger ; alors, à son enterrement, quand on a jeté la terre sur son cercueil, on a balancé une boîte de collants en voile ; il aurait apprécié car, même s’il y avait eu sa taille, il aurait pas eu les ronds pour en acheter à sa femme.