Sache que

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A la lumière franche des échanges clairs se superpose le clair obscur des sous-entendus ambigus. Les mots étouffés sous les notes, dissimulés derrière des ombres chinoises. Apparence fragile fuyant le reflet imprécis de silhouettes sombres qui dansent, insolentes, sur la pierre ambrée d’un théâtre abandonné. Les âmes mortes ont dissimulé leur chagrin dans l’ébène froid de courbes idéales, sans pour autant parvenir à masquer les meurtrissures profondes. La lueur d’une bougie, le geste harmonieux d’un archer glissant sur un violon, la vision rassurante d’une toile surgie d’un autre temps qui s’attarde, des souvenirs enfouis au plus profond de la mémoire qui jaillissent tel un éclair impromptu. La mélodie lancinante des oublis, des silences et des regrets. Inquiétante impression de déjà-vu, rappels furtifs d’un vécu sacrifié. Quitter les souterrains des heures troubles. Rejoindre le soleil, la vie, la vérité. Devant soi, si proche, avide d’aveux sans conditions. Concéder sans souffrir, persister et signer pour l’éternité. Sans honte ni remords, juste pour l’envie. Sache que.