Télévision

 

 

Cela fait très longtemps que la vue d’un poste de télévision m’est familière. Petite, j’étais intriguée par cet immense écran noir qui, par une simple pression sur un bouton, s’illuminait et diffusait des images magiques. Plus tard j’ai appris que la télévision était un moyen de communication moderne, une possibilité d’information offerte à des millions de gens. J’étais contente mais pas satisfaite car la télévision se devait également d’être autrement altruiste, donner sa part d’aide, de secours, dans le quotidien des existences, au travers de ses interventions, que la caméra ne soit pas que spectatrice mais aussi actrice. Que les journalistes révèlent des faits, c’est bien ; qu’ils incitent par le biais de leurs reportages à faire bouger les choses, changer les pensées et les comportements, c’est mieux. Que des équipes de reporters filment les horreurs, les souffrances afin de réveiller nos consciences trop souvent endormies, est d’un courage honorable de leur part mais qu’ils les évitent dans la mesure de leurs moyens serait une gloire géante.

Un jour j’ai suivi le récit de la mort d’une petite fille qui agonisait de manière atroce dans la boue sous le regard cynique, insolent et cruel de caméras impassibles et incapables, indécentes et inutiles. Avec dignité elle a lutté mais, épuisée, elle s’est éteinte sans que nulle force n’attrape son bras si douloureusement tendu. Derrière l’objectif il y avait des hommes, des cœurs seulement avides de célébrité et d’argent, qu’ont-ils fait ?

Depuis je n’allume plus mon poste. A quoi bon ? Elle est morte et je n’ai rien pu faire.