Adieu l'amour, adieu la vie

 

 

J’ai marché tant de jours les yeux fermés

Pensant que l’amour saurait nous éclairer.

J’ai pleuré tant de nuits les lèvres serrées

Croyant que l’amour libèrerait nos mots gâchés.

J’ai erré tant de semaines les mains liées

Souhaitant que l’amour brise nos chaînes rouillées.

J’ai perdu tant de mois en des silences meurtriers

En priant que l’amour entende nos maux insensés.

Et même au-delà des années de souffrance

J’ai conservé intact le goût de l’espérance.

Bien trop souvent condamnée à la solitude

Je me suis noyée intégralement dans tes habitudes.

Pour toi j’avais tant abandonné

Que loin de mon esprit l’envie de renoncer.

Parvenue au seuil des heures critiques,

Celles qui rendent amer et sceptique,

Aussi naïve qu’en ma jeunesse,

Je n’ai que trop laissé paraître mes faiblesses.

De crises stupides en paroles déplacées,

J’ai lutté très fort pour te garder

Mais par delà les montagnes de ma passion,

Bien insignifiantes face à la force de ta raison,

J’ai vu mon corps partir en lambeaux

Et mon âme éclater en mille morceaux.

Et je n’avais pas encore vécu le pire,

Celui qui confirme que la vie est à vomir.

J’aurais accepté d’être dédaignée dans mes envies,

Toléré que soient ignorés mes avis,

Admis d’être oubliée de tes priorités,

Permis que mes défauts soient réprimandés,

Mais pas la trahison,

Pas de cette façon.

Gommer en un acte vil tout le bien donné,

Effacer ainsi les intenses bonheurs partagés,

Mépriser les épreuves traversées,

Banaliser les échecs endurés.

S’engager en une aventure sans lendemain

Tandis que l’autre est déjà abattu par le chagrin.

Piétiner le respect, les vraies valeurs d’une union

Juste pour consoler sa colère en une cruelle punition.

Aujourd’hui sur tous les fronts tu as gagné,

Au plus profond de moi je suis meurtrie, émiettée.

Balayée par trop de supplices et d’insolence

J’ai choisi de mourir dans la décence.