Après la nuit

 

 

La nuit s’achève,

Elle quitte ses rêves.

Un autre matin,

Sans doute vain.

Les mêmes gestes, les mêmes riens,

Un horaire, un train.

Partout ces regards vides.

De sa vie, gros plan morbide.

Entre les paroles inutiles

Et les sourires imbéciles,

Elle déplace ces chaînes

Qui lui brisent les veines.

Elle avance en robot,

Sans pleurs, sans un mot.

Elle fait partie du lot,

La vie n’est pas cadeau.

Paquet piégé, empoisonné ?

Hélas pas le temps de raisonner.

Ses buts, ses goûts ?

L’essentiel, arriver au bout,

Avec un café ou un bourbon,

Avec amour ou sans passion.

Dépassée.

Comment se relever ?

Tous là pour l’enfoncer,

Plus de solutions, plus de clés.

Résignation.

Abdication.

Changer le monde,

Quitter la ronde ?

Elle est du bal,

C’est pas si mal.

Quelques souvenirs,

Des clichés pour l’avenir.

Ses fantasmes, ses évasions,

Feuilletons à la télévision.

Egarée son image de femme,

Vendue son âme,

Trop d’entretien, trop d’exigences,

Porte ouverte à tant de souffrances.

En ces temps, sous ces cieux,

Elle a tourné ses yeux

Vers d’autres lieux,

Guère mieux,

Sans envie,

Seulement pour sa survie,

Elle a enfin compris,

Il faut toujours payer le prix.