Béton

 

 

Je marche dans la ville,

Mon âme reste immobile,

Devant toutes ces créations,

Aucune sensations.

Plus de joies, plus d'amour,

Sous ces toits, dans ces tours.

J'erre dans ce monde

Aux odeurs immondes,

Où les solitudes sombrent,

Victimes des ombres.

Où est la vie, où est l'espoir ?

Ici je ne vois que du noir.

Rien ne sert de veiller tard,

Nul changement, même le soir.

Je pleure face à cet horizon,

Cet univers béton.

Est-ce notre punition

Pour toutes nos déraisons ?

Je voudrais hurler,

Je sens tout basculer.

Je désirais autre chose,

D'où vient l'erreur, quelle est la cause ?

Ce siècle avance,

Tente ta chance.

Plus de questions, plus d'instances,

Rien que l'indifférence.

Où que j'aille, où que je sois,

Tu es toujours là.

Tous ces murs, toutes ces maisons,

Témoins de nos trahisons,

Aucune beauté, juste la haine,

Et l'amour à la chaîne.

Centres de protection, fabrications,

C'est notre univers béton.

Tu peux te plaindre,

Il n'y a rien à craindre,

A tous les étages, les bureaucraties

Te feront passer tes envies.

Pour résoudre tes problèmes, donner des solutions,

Il n'y a pas mieux que les administrations.

Rien d'anormal, c'est leur fonction,

La base de notre univers béton.

Mais je ne veux pas, je n'y crois pas,

Je ne veux pas mourir comme ça

Car je ne sais pas

Pourquoi j'ai mal et pas toi.

Dis-moi la couleur des mots,

Le parfum du beau.

Tu ne peux être comme eux,

De ton coeur, de tes yeux,

Ote le voile de la résignation

Face à notre fatale destruction.

Hélas tu es près de moi sans impressions,

Je lis ta renonciation,

Tu refuses mes rêves, mes délires,

Tu te moques de mes désirs,

Ta vie tu la fais par procuration,

Ton cerveau est déjà béton.