Entre toi et moi

 

 

 

Où aller dans ce monde de tristesse,

Dans cet univers de détresse ?

Où partir sur cette terre de violence,

De haine et de souffrance ?

Où errer sur cette planète de misère,

Antichambre des enfers ?

Maintes fois j’ai voulu partir

Mais en vain j’ai du revenir.

 

J’ai escaladé toutes ces montagnes

Dont les gouffres sont nos bagnes,

J’ai supporté la neige et le froid,

Dans l’espérance d’une autre loi,

Mes mains ont saigné,

Mes genoux se sont écorchés,

J’ai enduré les vents sur mon visage

Afin de sortir de ma cage,

Au sommet ils étaient tous là

Pour me jeter encore plus bas.

 

J’ai traversé les forêts, les prairies,

Pour vaincre l’odieuse mélancolie,

Remonter les plaines

Jusqu’à en perdre haleine,

J’ai marché au-delà de la nuit

Pour atteindre mes envies,

Au bout des ténèbres

Ils étaient toujours les maîtres.

 

J’ai vogué sur les mers,

Je devais échapper à leurs bannières,

Affronté l’hostilité des océans

Quand leurs lames glacent les sangs,

Chassé le noir des nuages

Et l’angoisse des orages,

Les flots étaient en rage,

Je voyais pourtant leur image.

 

J’ai couru à travers les déserts,

Combattu leurs chimères,

Pour gagner cette ultime liberté

Mais je ne l’ai jamais rencontrée.

Je n’ai vu dans leurs yeux

Que l’intolérance qu’ils font régner sous ces cieux.

J’ai essuyé le pire

Jusqu’à en perdre le désir de vivre.

 

J’ai fait tous ces voyages,

Parcouru trop de paysages,

Pour tenter d’oublier le mal,

Le sordide et le banal.

Au bout du compte que de désillusions,

De fausses réussites et de réelles déceptions.

Que de chemins inutiles

Pour tant de choses futiles !

 

Pourquoi se perdre si loin,

Fuir ses lendemains,

Attendre d’impossibles matins,

Lorsque si près je sens ta main

Qui, sur mon corps serein,

M’offre tous les biens

Que l’on puisse espérer

Et ceux que l’on n’a jamais osé rêver.

 

Pourquoi vouloir croire

Que le bonheur est autre part,

Si étranger en cet espace

Où notre amour n’a plus sa place,

Quand il suffit de ton regard,

Qui, sans un mot, sans crier gare,

Me livre tant de doux secrets,

Exauce mes attentes cachées.

 

Pourquoi désirer survivre ailleurs

Quand ici sont mes heures,

Lorsque tu m’ouvres tes bras,

Que tu me parles tout bas,

Caresses mes délires,

Eclates mes rires,

Que ces mots sont des trésors entre toi et moi

Comme si c’était toujours la première fois.