Légende

 

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Dans une forêt vivait une jeune fille,

Belle, douce et gentille,

De l’enfance elle possédait l’âme,

De la sagesse celle d’une femme.

Elle résidait là parmi les animaux,

Dans l’innocence, le calme et le beau.

Elle fuyait les civilisations bruyantes et débauchées,

Et de la vie n’acceptait que les qualités.

 

L’existence est un grand lac

Dont il faut boire les gouttes petit à petit

Et savourer le goût exquis

Qu’elles laissent lors du ressac.

 

Elle avançait avec prudence

Sur les chemins de sa chance.

 

Un jour, un jeune homme séduisant

Comme le ciel au couchant,

Fort comme les flots

Lorsqu’ils se déchaînent si haut

Qu’ils semblent toucher aux nuées,

Vient la visiter.

 

Il se disait ardemment amoureux

De ses lèvres fines, du velours de ses yeux.

Il lui avoua une passion dévorante

Et son désir d’en faire une reine puissante.

 

Elle lui raconta alors cette histoire

Qu’elle cachait dans sa mémoire,

Qu’elle tenait de ses parents

Et qui datait sans doute de la nuit des temps.

 

A l’orée d’un bois une biche splendide

Coulait des jours limpides.

Sauvage, éclatante de vie,

Elle parcourait allègrement le pays.

Au détour d’une voie,

Elle rencontra un cerf, un soir.

Magnifique, majestueux, il régnait en roi.

Il s’approcha de la jeune biche, l’allure fière,

Dévoilant tous ses attraits, il voulut lui plaire

En lui promettant existence royale et merveilles.

Ces mots envoûtèrent la jeune femelle

Qui suivit le souverain de la forêt.

Les jours passèrent et la pauvre biche esseulée,

Par son maître enchainée,

Vit son allure de déesse s’empeser.

A la vue de sa compagne, le cerf la quitta.

Abandonnée, elle mourut de désespoir.

De cette légende, la jeune fille en avait appris

Que l’amour est aveugle et la jeunesse futile.

Le cœur des jeunes fauves est attiré

Par la beauté et les frivolités.

Seule l’âme des vieux loups

Trouve ses raisons et supporte tout.

 

Elle s’excusa en de sages mots

Et s’en retourna auprès de ses animaux.