Les heures évadées

 

 

Dans la douceur des heures évadées

Tandis que la brise danse dans  mes cheveux déliés,

Enlace les silhouettes de blé,

Mes pas se perdent sur un sentier escarpé.

Les pensées lovées dans les nuages,

Eludant du temps les orages,

Je glane un bouquet de coquelicots

Pour fleurir mon cœur en lambeaux.

Mon regard s’accroche à ces bois obscurs

Comme une âme meurtrie dans la rupture.

Là je pleure mes songes à l’ombre

De leurs grandes couronnes sombres.

Leurs flancs se baignent dans l’onde pure

D’un ruisseau qui s’évanouit dans la verdure.

La source qui s’enfuit dans un murmure

Panse de sa fraîcheur mes blessures.

Les senteurs de champignons et de mousse

Embaument les chemins de ma course ;

Les effluves des fougères et des écorces

Inondent alentour avec force.

Isolée des cris et des larmes ;

Retirée des bruits et des drames,

Noyée dans la sérénité unique des lieux,

Je ressens la grâce magique des Cieux.

La nature s’éveille,

Je m’émerveille.