Mort et enterré

 

 

Les plus belles années d’une vie soufflées

Par les vents d’une colère insensée.

Balayées comme de vulgaires poussières

Et jetées aux entrailles de l’enfer.

Comme un océan de mots

Perdu au hasard des flots,

Des lettres sur le sable dessinées

Puis par les vagues insolentes effacées.

Oubliées les jolies heures vécues

Dans l’enthousiasme de retrouvailles ingénues,

Etouffées les envies d’envolées enflammées

Célébrées dans la volupté de nuitées effrénées,

Négligées les promesses données en partage,

Méprisée la fidélité sacrée du mariage,

Ignorée la souffrance née de cette offense,

Dédaignés les appels à l’indulgence

D’une âme meurtrie par excès de confiance

Et assassinée par une outrageuse arrogance.

Sacrifié sur le bûcher de stupides frivolités

L’amour bafoué ne renaîtra pas de tant de cruautés.

Mort et enterré.