Notre autre destin

 

 

Nous nous sommes rencontrés il y a bien longtemps,

L’époque était rose et nous étions enfants.

Tu vivais dans une maison somptueuse

Où tu coulais des heures heureuses.

Je vivais là-bas sous le petit toit

Où la puissance ne règne pas.

Tu étais choyé comme tous ces fils uniques

Mais dans ce monde tu cherchais déjà ton identique.

J’évoluais dans une grande famille

Au sein de laquelle tout et tous étaient paisibles.

Nous nous ressemblions, nous étions si différents

De ces enfants et de leurs amusements.

Tu aimais les futilités

Pour sortir de tes banalités.

La richesse enterre dans la détresse

Et souvent tu me lançais des SOS.

J’adorais les livres

Qui m’aidaient à fuir

Mon univers un peu trop vide

Et ces journées parfois si livides.

Nous nous racontions des histoires,

Nous confions nos espoirs

Tellement si lointains

Dans ces jours et leurs lendemains.

Puis nous avons grandi

Et tu es parti.

Tu as toujours eu quinze ans, cette adolescence,

Tellement de projets et tant d’insouciance.

Les années ont passé,

Je t’ai sans cesse regretté.

J’ai tracé mon chemin,

Assuré mon destin,

Dans une existence éternellement solitaire

Car tu n’étais plus là, toi qui étais comme mon frère.

Je t’ai aperçu, au détour,

Des souvenirs immortels, un merveilleux retour.

En ma mémoire tu avais conservé ce visage

D’un enfant sage comme une image,

Un petit coin à part,

Des clichés rares,

Tous les secrets cachés de notre enfance,

Nos rires, nos chants et nos danses.

Souvent je ne saisissais pas tes silences,

Si clairs quand j’y repense.

Remplis de grands sentiments,

De cette passion réservée à ceux qui aiment tant.

Semblables à ceux que je ressens,

Qui font battre mon cœur et vibrer mon sang.

A quinze ans j’avais trop peur d’une romance,

Aussi tu as préféré l’absence.

Aujourd’hui il n’est pas trop tard,

Prendre un nouveau départ.

Si de mon amour tu as encore envie,

Qu’ensemble nous bâtissions notre vie,

Même si nos racines sont nées en des jardins si divergents,

Nos âmes se sont envolées sous des cieux ressemblants.

Il te suffira d’un signe, d’un mot

Ou peut-être d’un regard à défaut.

Je comprendrai tes désirs

Et te suivrai dans notre avenir.