Un petit coin perdu

 

 

Je connais un coin charmant,

Gentil et très accueillant,

De ces endroits perdus

Comme il n’en existe guère plus,

A mi-chemin entre le passé et l’avenir

Et qui fleure bon les souvenirs.

Là il y a un petit ruisseau,

Mais pas de bus ni de métro,

Une vieille église et son clocher,

Très loin des supermarchés.

Les gens prennent le temps,

Pour la survie c’est important,

De vivre et de rire

Dans ce présent sans sourire.

Leurs existences paisibles s’écoulent

Au rythme des oiseaux qui roucoulent.

Ils savourent avec délice le soleil,

La nature et ses merveilles.

Entre leurs champs et leur ménage

Ils ont su s’évader de nos cages.

Les femmes en ronde papotent,

Leurs voix s’envolent sans fausse note.

Juste des futilités,

Jamais de grandes méchancetés.

Les hommes se retrouvent auprès d’un verre,

La vigne, le sang de la terre,

Ils lui rendent hommage

Sans gros dérapages.

Etres mémorables dans leur simplicité,

Jamais je ne pourrai les oublier.

De la société nouvelle ils ignorent les techniques

Mais leur bonheur n’est à nul autre identique

Car sans ordinateur et sans soumission

Ils vivent avec raison.

Ils ont banni le virtuel

Pour bâtir des amitiés bien réelles.

Ici aucune odeur d’ennui,

Le pays embaume le suave parfum des prairies

Où les amoureux se roulent et s’enlacent,

Où les petits pour la première fois s’embrassent.

C’est un joli village égaré

Au creux d’une vallée escarpée,

Lové dans un écrin de nature,

Exhalant les senteurs de pâture.

Chaque jour qui naît y est une fête,

Sans tambours ni trompettes,

Seuls des cœurs qui chantent et dansent,

Comme l’on préserve l’innocence de l’enfance.

Chaque soir qui s’éteint autour du feu

Qui fait briller les yeux,

Se racontent les histoires de jadis,

Les saisons pénibles et les amours complices.

En ces lieux retirés

J’ai retrouvé une paix surannée.

Le cœur chargé de joie, je suis la petite route tortueuse

Qui loin de la ville m’entraîne vers des heures heureuses.