Vendeurs de drames

 

 

 

J'ai connu bien des gens
Qui bradaient tant de vent,
De ces êtres qui font croire
Que la vie est chargée d'espoir
Mais vous enfoncent dans le noir
Et vous jettent dans le brouillard.
De ces personnes hideuses
Aux paroles baveuses
Qui vendent le bonheur
Comme une livre de beurre.
Vous clament que le siècle qui se lève
Verra la naissance d'une ère de rêve,
Mais qui, en dépit de vos blessures,
N'oublient pas leurs factures.
Tous ces marchands de mensonges,
Ces voleurs de songes,
Peuplent à jamais les trottoirs
Des rues de ma mémoire.
Ils sont là, tous laids,
Ils y demeurent, sans effet.
Symboles vivants de notre décadence,
Fardeaux pesants en nos errances.
De colloques en séances,
Ils promettent l'abondance,
Bâtissent des illusions de puissance
Et laissent mourir dans l'indifférence.
Ils proposent périples et voyages
Mais vous méprisent en fait dans votre cage.
Ces individus sans scrupules
Profitent de vos solitudes,
Abusent de vos souffrances,
Vous leurrent sur de fausses chances.
Ils sont d'authentiques écoeurants sur cette terre,
De véritables monstres en notre sphère,
Vendeurs de larmes,
Créateurs de drames.